Atelier des Lumières : de la peinture à la poésie numérique

14 juin 2018

Après plusieurs mois de communication ciselée, un suspens entretenu par le compte-à-rebours sur le site de l’événement, l’Ateliers des Lumières a enfin ouvert ses portes le 11 avril dernier. L'euphorie des premiers jours retombée, retour sur les projections exposées...

 

Dans le 11ème  arrondissement de Paris, au 32 rue Saint-Maur très exactement, une ancienne fonderie a été réhabilitée en centre d’art numérique. Géré par Culturespaces, « l’Atelier des Lumières » entend casser les codes de l’exposition traditionnelle en dématérialisant les œuvres présentées. Une sonorisation spatialisée et près de 120 projecteurs haute définition ont été installés pour une “expérience immersive” selon le terme de Gianfranco Luzzani, scénographe de l'exposition. De quoi en mettre plein la vue ! Pour cette première saison, les œuvres de Gustav Klimt et Friedensreich Hundertwasser sont projetées et animées au sol et sur les murs. La projection s’achève par l’œuvre POETIC-AI que le collectif Ouchhh a spécialement conçu pour le lieu.

 

© Culturespaces / Eric Spiller© Culturespaces / Eric Spiller

 

Une mise en abyme de la Vienne du 19ème siècle ouvre la séance suivie d'une rétrospective des œuvres de Klimt. Cet artiste d’avant-garde nous propose une peinture fine et détaillée, des thèmes oniriques et une mythologie réinventée. Klimt, tête d’affiche de l’événement, est esthétique et attractif. Le visiteur est happé par ce spectacle quand soudain les corps d'Egon Schiele s’interposent à leur tour sur les cloisons du centre d’art. Les peintures dématérialisées se succèdent créant des enchaînements étonnants : les monuments laissent place à des paysages puis des anatomies… et c’est la musique telle une guide d’exposition qui donne le tempo. En mêlant des musiques du répertoire classique et des créations sonores, le compositeur Luca Longobardi nous transporte dans les diverses contrées des paysages projetés d’Hundertwasser. Les animations créées à partir des peintures d’Hundertwasser nous racontent une histoire visuelle et sonore.

 

© Culturespaces / Eric Spiller© Culturespaces / Eric Spiller

 

Ces œuvres sont projetées à 360 degrés, il n’y a donc pas de parcours prévu pour la visite de l’exposition. Leur contemplation peut durer plusieurs heures : les visuels diffèrent en fonction de la position du spectateur dans le lieu. Le studio, le cube couvert de miroir, le pont au-dessus de l’eau, le cylindre : autant de points de vue que de possibilités de perception. Même si le visiteur se déplace, on préférera parler de contemplation passive plus que d'expérience. L’immersion elle, est plutôt difficile au milieu d’une foule agitée. Sans doute faudrait-il limiter le nombre d’entrées par séance pour que chacun puisse vivre l’expérience annoncée.

 

Si Klimt, Schiele et Hundertwasser assurent une visibilité certaine à l’Atelier des Lumières, la dernière projection ne vaut pas moins le déplacement. Le collectif Ouchhh répond à la problématique et aux attentes de la fonderie : transcender l’espace et y intégrer le visiteur.  Il met en scène POETIC_AI, une installation numérique dirigée par l’intelligence artificielle. Cette œuvre stimule l’œil en développant ou restreignant la perception des espaces. Obnubilé, presque envouté, le spectateur est transporté dans un monde brut. Des formes et des signes animés se succèdent sur des fonds noirs ou blancs et noient le regard dans une masse d’informations.

 

Bref, ce centre d’art numérique tient ses promesses grâce à la présentation de créations telles que POETIC_AI.

© Ouchhh

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                           © Ouchhh

 

Vous avez jusqu’au 31 août pour découvrir POETIC_AI du collection Ouchhh, et jusqu’au 11 novembre pour admirer Gustav Klimt et Hundertwasser à l’Atelier des Lumières, 32 rue Saint-Maur, 75011.

 

Pour aller plus loin :

Découvrez TeamLab : Au delà des limities, l'exposition immersive de la Villette.

Marie-Benjamine Barbaux

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article